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Nous avons tendance dans notre quotidien à utiliser des expressions sans réellement réfléchir au sens de nos paroles. Ces expressions, bien ancrées dans la langue française, qui paraissent à premier abord légères ont pourtant souvent une origine ou un sens que l’on ne doit pas utiliser en tant que musulman.

 

1. »On croise les doigts »

Croiser les doigts est utilisé souvent lorsque l’on veut contrer le « mauvais sort » ou une bonne issue dans une affaire. Mais en réalité croiser les doigts c’est en fait faire le signe de la croix qui est le principal symbole du christianisme.

 

A remplacer par une invocation: « InchaAllah kheir », « qu’Allah nous accorde une bonne issue » etc..

 

2. « Je touche du bois »

Utilisé encore une fois pour porter chance ou pour éloigner les soucis. Cette expression remonte à très loin et est utilisé dans plusieurs religions. Les chrétiens utiliseraient cette expression car le bois est le symbole de la croix sur laquelle Jésus aurait été crucifié. Pour d’autres, cela permettrait de se mettre sous la protection d’un dieu. Quoiqu’il en soit c’est de la superstition et donc s’en remettre à autre qu’Allah pour se protéger.

 

A remplacer par une invocation : « Qu’Allah nous préserve de tout mal »

 

3. « Je n’ai pas de chance », »j’ai la poisse », « le hasard fait bien les choses

Dire ceci, reviendrait à remettre en question les choix d’Allah et ce qu’Il nous a prédestiné. Toute épreuve à une raison dont nous sommes pas encore conscient.

« Quand Allah retire un bienfait qu’Il a accordé à Son serviteur puis le lui remplace par la patience, soyez sûr que ce qu’Il lui a accordé en compensation est meilleur que ce qu’ Il lui a retiré » Ibn l-Qayyim

Le hasard n’existe pas en Islam, tout est destiné, écrit. Parmi les piliers de la foi, il y a « croire en son destin qu’il soit bon ou mauvais. Tout ce que nous vivons nous est prédestiné par la volonté d’Allah et n’est pas du au hasard ou à la chance!
« Ne sais-tu pas qu’Allah sait ce qu’il y a dans le ciel et sur la terre? Tout cela est dans un Livre, et cela est pour Allah bien facile. » (S 22 V 70)

Le musulman se doit de se satisfaire de toutes les situations qui lui arrive, que ce soit un moment de bonheur ou une épreuve : D’après Souhayb Ibn Sinan, le messager de Dieu (sws) à dit « Que l’affaire du croyant est étonnante. Son affaire ne comporte (pour lui) que du bien, et cette faveur n’appartient qu’au Croyant: s’il est l’objet d’un evenement heureux, il remercie Dieu, et c’est pour lui une bonne chose. S’il est victime d’un malheur, il l’endure avec patience et c’est la encore pour lui une bonne chose » Rapporté par mouslim (Ryad as salihin 27)

A remplacer par : « QadarAllah macha fa ‘al » ou « Alhamdulillah ‘ala koulli hal »

 

4. « Quel temps pourri »

On en parlait dans notre article « La pluie, un bienfait d’Allah », nous, musulmans, ne devraient en aucun cas insulter le temps qu’il fait.

D’après Abou Houreira (qu’Allah l’agrée), le Prophète (que la prière d’Allah et Son salut soient sur lui) a dit: « Allah a dit: Le fils de Adam me cause du tort, il insulte le temps alors que je suis le temps. Le commandement se trouve dans ma main, c’est moi qui fait tourner la nuit et le jour ». Rapporté par Al Boukhari

 

A remplacer par:

Invocation à dire en cas de pluie: Allahouma sayyiban nafi’an – Ô Seigneur ! Fais que cette pluie soit bénéfique et abondante. ou

invocation à dire en cas de vent: Allâhumma innî as’aluka khayrahâ wa acûdhu bika min sharrihâ – Ô Seigneur ! Je te demande le bien (de ce vent) et je me mets sous Ta protection contre son mal.

Invocation à dire lorsque le tonnerre gronde: Subhâna l-ladhî yusabbihu r-racdu bi-hamdihi wa-l-malâ’ikatu min khîfatihi. –  « Gloire et pureté à Celui dont le tonnerre Le glorifie par sa louange et aussi les Anges sous l’effet de sa crainte. » (partie du verset 13 de la sourate  Le Tonnerre)

 

5. Ça va me porter bonheur (trèfle à 4 feuilles, talisman ou tout objet…) 

Ceci revient à croire qu’un objet quel qu’il soit vous épargnera les épreuves, et donc à vous en remettre à autre qu’Allah! Ceci est du shirk, c’est associer quelque chose à Allah.

 

A remplacer par: Tawakkaltu ‘alâ l-lâhi, wa lâ hawla wa lâ quwwata illâ bi-l-lâhi – Je m’en remets à Allah, il n’y a de force et de puissance que par Allah.

 

6. « La roue tourne »

Étymologiquement, cette expression date de la mythologie romaine. « Une déesse » décidait du destin des hommes avec sa roue qu’elle faisait tourner selon ses envies.  Rassurer ou se rassurer en pensant que cela ira mieux en disant cela reviendrait à croire que l’on est sure qu’un jour cela ira mieux mais nous ne pouvons prédire l’avenir, donc il vaut mieux patienter dans des situations difficiles et invoquer Allah.

 

7. « Si j’avais fait ça »

Tout ce qui nous arrive est déjà écrit, tout est prédéstiné, rien n’aurait pu changer sans la volonté d’Allah:

« …Si un malheur te touche, ne dis pas : « Ah ! Si j’avais fait ceci ou cela », mais dis plutôt : « C’est Allâh qui m’a prédestiné cela et ce qu’Il a voulu est arrivé », car l’emploi de «Si» par regret ouvre les portes aux œuvres du diable. » Rapporté par Mouslim.

 

 

 

Nous sommes nombreuses à utiliser ces expressions dans notre quotidien, certes « les actes ne valent que par leurs intentions » (certaines penseront forcement à cela) et que c’est uniquement une manière de parler, nous ne pensons pas forcement au sens profond de ces paroles MAIS nous avons un devoir d’utiliser des mots justes, des paroles réfléchies…

Et si, en parlant de cette manière, nous inciterions involontairement à croire au porte bonheur, à la superstition, à la chance etc…